Cadre normatif International

Les quatre premiers articles de cette Déclaration résument à eux seuls la portée philosophique et symbolique de cette question de la protection du génome humain en soulignant que le génome humain sous-tend l’unité fondamentale de tous les membres de la famille humaine, ainsi que la reconnaissance de leur dignité intrinsèque et de leur diversité. Dans un sens symbolique, il est le patrimoine de l’humanité. Il est stipulé que chaque individu a droit au respect de sa dignité et de ses droits, quelles que soient ses caractéristiques génétiques. Cette dignité impose de ne pas réduire les individus à leurs caractéristiques génétiques et de respecter le caractère unique de chacun et leur diversité (article 2).

La recherche génétique, en particulier le séquençage du génome humain, a ouvert la voie à la recherche médicale de grande envergure et aux applications biomédicales. Le nombre de banques de données génétiques augmente de jour en jour, certaines contenant plus d’un million de fichiers. Certaines sont détenues au niveau national et contiennent des échantillons provenant de la quasi-totalité des populations nationales. Les données génétiques peuvent être utilisées à des fins de diagnostic médical, de prévention des maladies et pour les études de génétique de population. Cependant, beaucoup craignent que les données génétiques ne soient utilisées à des fins contraires aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales. Les gouvernements, les organisations non gouvernementales, la communauté intellectuelle et la société en général ressentent ainsi le besoin de principes directeurs au niveau international. La Déclaration internationale sur les données génétiques humaines répond précisément à ce besoin.Si le savoir est toujours positif, son application ne l’est pas toujours. C’est pourquoi l’éthique est devenue si pertinente et centrale, surtout avec l’augmentation de la connaissance et sa mise en œuvre continue sous l’influence des intérêts économiques. Les éléments ayant un impact important d’un point de vue personnel et social sont l’objet de la bioéthique, puisque la dignité et l’égalité humaines sont le fondement, la pierre angulaire, des devoirs et des droits.

L’ambition de l’UNESCO est d’élaborer un instrument normatif qui pourrait contribuer aux efforts internationaux visant à établir des principes directeurs éthiques sur les aspects liés aux progrès scientifiques récents. C’est le Comité international de bioéthique (CIB) qui a mené les travaux préparatoire dès 2003. Pour traiter des questions d’éthique posées par la médecine, les sciences de la vie et les technologies qui leur sont associées, appliquées aux êtres humains, cette Déclaration universelle, ainsi qu’il ressort de son titre, ancre les principes qu’elle consacre dans les règles régissant le respect de la dignité humaine, des droits de l’homme et des libertés fondamentales. En inscrivant la bioéthique dans le droit international des droits de l’homme et en assurant le respect de la vie des êtres humains, la Déclaration reconnaît l’interdépendance qui existe entre l’éthique et les droits de l’homme dans le domaine spécifique de la bioéthique. La forme déclarative de l’instrument n’interdit pas son contenu de contribuer à codifier des principes généraux universellement reconnus (tels que ceux de dignité humaine, solidarité, liberté de la recherche, respect de la vie privée, confidentialité, non-discrimination, consentement éclairé, intégrité des recherches et honnêteté intellectuelle), dans la mesure où ces principes se rapportent à la bioéthique. Enfin, un instrument relatif à la bioéthique se devra aussi d’appeler fermement l’attention sur l’importance de la sensibilisation, de l’information, de l’éducation, de la consultation et du débat public.

Créé en 1993, le Comité international de bioéthique (CIB) est composé de 36 experts indépendants qui encadrent les progrès des recherches dans les sciences de la vie et leurs applications en veillant au respect des principes de dignité et de liberté de la personne humaine.

Le CIB constitue la seule instance de portée mondiale de réflexion en matière de bioéthique. Il favorise la réflexion sur les enjeux éthiques et juridiques des recherches dans les sciences de la vie, leurs applications et encourage l’échange d’idées et d’information et des actions de sensibilisation de l’opinion, des milieux spécialisés et des décideurs, publics et privés, intervenant dans le domaine de la bioéthique.

Le Comité intergouvernemental de bioéthique (CIGB) a été créé en 1998, en vertu de l’article 11 des Statuts du Comité international de bioéthique (CIB). Il est composé de 36 États membres dont les représentants se réunissent au moins une fois tous les deux ans pour examiner les avis et recommandations du CIB. Il informe le CIB de son point de vue et soumet ses opinions, ainsi que ses propositions concernant la suite à donner aux avis et recommandations du CIB, au Directeur général de l’UNESCO afin qu’il les transmette aux États membres, au Conseil exécutif et à la Conférence générale.

La Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme prône la création de comités indépendants, multidisciplinaires et pluralistes au niveau local, national, régional, ou institutionnel. Les comités de bioéthique constituent une plate-forme idéale pour mettre en œuvre les divers instruments normatifs qui ont été adoptés par l’UNESCO, en particulier la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme.

De nombreux États membres ont déjà établi des comités de bioéthique. Cependant, dans la majorité des cas, ces comités n’ont pas de réelles capacités de travail. Aussi, l’UNESCO a initié un programme d’assistance à l’établissement et de support aux fonctionnements de ces comités de bioéthique, nommé « ACB – Assistance aux Comités de bioéthique».